Un homme qui est sorti de la rue se prépare à rencontrer sa fille et se remémore son passé. Inspiré des techniques du « nouveau réalisme », En sortir livre une parole brute, puisée dans la langue quotidienne des sans-abri. On découvre ainsi que la lutte contre la précarité passe aussi par l’écriture et la conquête du droit de parler publiquement à la première personne du singulier. Ce n’est pas l’histoire d’un individu, mais celle d’un groupe aux milles visages, hétérogène, instable et traversé de multiples contradictions.

« L’histoire d’un homme qui se dit que ce n’est pas tout à fait lui mais ce n’est pas un autre non plus ».

Le théâtre est à mes yeux le moyen le plus adéquat pour aborder ce sujet. Le théâtre est en effet l’art de la représentation par excellence. C’est un moyen privilégié pour comprendre à la fois intellectuellement et émotionnellement les formes de domination sociale qui résultent des inégalités dans l’accès à la parole publique. Le recours à la fiction permet aussi de prendre du recul par rapport aux enjeux politiques et sociaux, ce qui est une condition pour alimenter une réflexion collective qui n’a pas pour but de plaindre des victimes, ni de dénoncer des coupables, mais de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons.

Gérard Noiriel / Extrait des notes d’intention (mars 2010)