Traduction Crista Mittelsteiner et Marie-Luce Bonfanti

Le maître-nageur Horst (Hotte) Paschke et le charbonnier Lothar (Lothi) Ackermann, n’en peuvent plus de leur vie de laissés-pour-compte dans l’Allemagne réunifiée. Ils se partagent appartement, cannettes de bière et Monika, la poupée gonflable.

Leur petite vie va à la dérive lorsque Hotte découvre, dans la piscine dont il est le gardien, le corps sans vie de Thomas Terrer, un fils de famille aisée. Aussi, décide-t-il, avec son compère, de demander une rançon aux parents. En utilisant les schémas de la télé, ils écrivent des lettres de chantage, rêvent de fortune, de femmes, de renaissance.

C’est sans compter les résistances du couple Terrer, prisonniers d’une relation sadomasochiste exemplaire, et des stratégies minables mises au point par ces deux ravisseurs de pacotille pour rendre leur kidnapping vraisemblable. Un rêve tendre et trop beau, qui trouvera une fin tragique.


Oliver Bukowski est né en 1961 à Cottbus. Après son baccalauréat, il fait des études de philosophie de 1985 à 1990. A partir de 1987, il fait une spécialisation en psychologie sociale (mémoire de thèse : « Concepts de la théorie moderne de la motivation »).

Il passe ensuite un doctorat en sciences sociales à l’Université Humboldt de Berlin. Bukowski est co-instigateur et fondateur de l’association THEATERLOGE. Depuis l’interruption de ses études en novembre 1991 il vit de sa plume à Berlin.

Il fait partie – avec Daniel Call, Theresia Walser, Albert Ostermaier – de cette jeune génération d’auteurs qui intéresse les metteurs en scène, en Allemagne et ailleurs : ses pièces sont traduites et jouées en Grande-Bretagne, Finlande, Russie, Pologne, Portugal, ainsi qu’en Suède, Roumanie, Italie et Hollande.

Ses personnages – des Ossis, c’est-à-dire des ex-Allemands de l’Est – ne sont pas sortis indemnes de la disparition de la RDA et l’Allemagne vit encore aujourd’hui le choc de deux cultures qui s’affrontent. Son théâtre naît de cette opposition mais pas uniquement : son écriture dramatique tire sa force de la résonance universelle émanant de personnages qui revendiquent leur droit à la vie.

Issus des classes sociales défavorisées, ils sont souvent en décalage par rapport à la société. L’auteur s’empare de ses contemporains et les passe au tamis avec l’acuité d’un chercheur d’or. Il restitue la part de poésie qui résiste en eux et cisèle des figures burlesques et pathétiques.


Extrait du spectacle

http://www.caspevi.com/a-toute-allure/