(Diptyque Deux tibias / Nuit, un mur, deux hommes)

C’est dans une langue forte et ciselée, alternant récits intérieurs et paroles quotidiennes, que Daniel Keene en véritable orfèvre des pièces courtes, nous convie à un voyage au bout de l’humanité. Des voix y résonnent comme des cris de solitude, d’amour et d’espoir, pour nous révéler la cohérence de cette écriture musicale qui fait de chaque texte un poème pour la scène

« Un infini de douleur dans un dé à coudre.

Qui sont les personnages de mes pièces ? Ce sont avant tout des gens dénués de privilèges, qui n’ont aucun « statut », qui n’ont aucun pouvoir. Je veux créer des personnages au sujet desquels le public peut présumer bien peu de choses […] Je veux que mes personnages hissent leur âme à la surface de leur peau. Je veux que leur vie intérieure naisse et soit portée dans chaque geste, dans chaque parole. […] Mes personnages ne sont ni des philosophes ni des artistes. Ils n’ont pas la parole facile. Ils essaient tous de porter de la lumière dans un panier, ils essaient tous de faire entrer un infini de douleur dans un dé à coudre. »

Daniel Keene – Extrait d’un entretien avec S.Müh et C.bouvier – (juillet 2000, publié dans pièces courtes 2, éditions Théâtrales, Paris, 2007)

Deux tibias et Nuit, un mur, deux hommes sont publiées aux éditions Théâtrales.